Bulletin de Pesticide Action Network (PAN) Africa
    N° 05, Mai-Juin 2015

Nous avons le plaisir de vous envoyer le nouveau bulletin de Pesticide Action Network (PAN) Africa. Il se propose d’informer sur nos activités ainsi que celles de nos partenaires. Le bulletin donnera aussi des informations sur des sujets divers portant sur les centres d’intérêt du réseau PAN. Il est ouvert à tous pour des contributions sur nos thématiques: pesticides, agro-écologie, agriculture durable, agriculture biologique, génie génétique, Organismes Génétiquement Modifiés (OGMs),….
Il sera diffusé tous les deux (02) mois.


Si le bulletin ne s'affiche pas correctement, cliquez : www.pan-afrique.org/news

Merci de votre intérêt pour cette lettre d'information. Aidez-nous à la rendre utile et à la diffuser.
Envoyez vos contributions à : mourtadat@pan-afrique.org

 

Actualites

 

Renforcement des capacités des Organisations Paysannes (OP) sur l’adaptation de l’agriculture aux changements climatiques

Le Centre du Réseau des Organisations Paysannes et Pastorales du Sénégal (RESOPP) de Thiès, a abrité du 26 au 29 mai 2015 l’« atelier de renforcement des capacités des Organisations Paysannes (OP) sur l’adaptation de l’agriculture aux changements climatiques».

Il s’inscrit dans le cadre de projet financé par le Fonds Français pour l’Environnement Mondial (FFEM) sur l’« intégration de l’adaptation au changement climatique dans les secteurs de l’agriculture et de l’eau en Afrique de l’Ouest », initié par l’ONG philippine IBON International et mise en œuvre au Sénégal par le Conseil National de Concertation et de Coopération des Ruraux (CNCR).

L’objectif visé par la formation était d’outiller des producteurs de connaissances sur le climat actuel et futur, des outils et des méthodes d’analyse des techniques d’agriculture intelligentes face au climat et leur mise à l’échelle dans le cadre des politiques agricoles. Le Centre régional AGRHYMET basé à Niamey (Niger), et le CNCR ont conduit cette formation avec l’appui du Centre de Suivi Ecologique (CSE) et le Centre de Recherche Océanographique de Dakar-Thiaroye (CRODT).
La formation a été articulée sur les modules suivants :
- Changements climatiques et développement ;
- Techniques classiques de Gestion Durable des Terres (GDT) en relation avec les changements climatiques ;
- Techniques innovantes : combinaison de techniques de GDT + systèmes de culture des céréales, des légumineuses et la riziculture intensive ;
- Gestion de l’eau agricole dans un contexte de changements climatiques ;
- Succès dans la GDT et les règles foncières associées ;
- Mise à l’échelle de la gestion durable des terres et les perspectives en matière de sécurité alimentaire et de séquestration du carbone ;
- Elevage et changements climatiques au Sénégal ;
- Pêche et changements climatiques (impact sur les ressources halieutiques et érosion côtière).

Un outil permettant de choisir la technique agricole la mieux adaptée dans une région donnée, a été développé et il avait été suggéré d’inclure l’aspect entretien des ouvrages qui n’avait pas été pris en compte dans la matrice.
La formation a vu la participation d'une trentaine de personnes venant de la société civile, des organisations paysannes, (représentant des OP, ONGs, associations, groupements, institutions, établissements. Elle a permis à tou acteurs d’être au même niveau de compréhensions du phénomène des changements climatiques et d’être outillé avec des techniques d’adaptation et d’atténuation.
En effet, lors de la formation, les concepts ont été harmonisés, il y a eu des exchanges sur la manifestation des changements climatiques dans différents secteurs d’activité (agriculture, élevage, pêche, …), le partage des techniques d’adaptation et d’atténuation surtout en milieu aride et la constitution d’un réseau d’acteurs.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


L’Inde, l’Indonésie et le Guatemala bloquent l’inscription d’une formulation du Paraquat sur la liste des pesticides extrêmement dangereux et privent d’autres pays du droit à l’information.  

 

A la 7ème Conférence des Parties (COP 7) de la Convention de Rotterdam, qui s’est tenue du 12 au 15 Mai 2015 à Genève (Suisse), l’inde et le Guatemala ont une fois de plus avec le soutien de l’Indonésie, bloqué l’inscription du Paraquat (20 %) sur la liste PIC.

À l'issue des négociations à Genève sur l’inscription des produits chimiques dans la Convention de Rotterdam, Pesticide Action Network (PAN), Union Internationale des Travailleurs de l’Alimentation (UITA) et la Déclaration de Berne expriment leur profonde inquiétude face à l'échec, une fois de plus, des délégués des pays à s’accorder sur l’inscription d’une formulation mortelle de l'herbicide Paraquat, dans la convention de Rotterdam. A l’entame des délibérations, le Rapporteur spécial de l'ONU a insisté sur les implications des droits humains dans la gestion et l'élimination des substances et des déchets dangereux pour un environnement sain. Il a rappelé aux différents délégués qu’ «il est à la fois légalement et moralement injustifiable que des pays puissent continuer à entraver l'inscription de l'amiante et du Paraquat dans la Convention de Rotterdam.
Du fait que l’Inde et le Guatemala, soutenus fortement pas l’industrie des pesticides, s’opposent à l’inscription, les autres pays sont ainsi, encore une fois privés de leur droit à l'information sur le commerce du Paraquat.

Le Burkina Faso a proposé l’inscription de cette formulation sur la liste à cause des intoxications humaines après l'emploi du produit de Syngenta, le Gramoxone super (Paraquat 20 %). L’Inscription dans la Convention de Rotterdam n’est pas une interdiction, mais plutôt une exigence en vers les exportateurs qui doivent donner au préalable des informations et obtenir le consentement des pays importateurs avant exportation.

Paul Windinpside Sawadogo, Directeur général au Ministère de l'Environnement et du Développement Durable du Burkina Faso déclare : « Ce fut une occasion manquée pour inclure le dichlorure de paraquat (20 %) à l'annexe III de la Convention de Rotterdam. Nous regrettons qu’un petit nombre de pays a bloqué le processus et empêché la majorité d'être en mesure de prendre des mesures pour protéger la santé humaine, en particulier celles des agriculteurs, des travailleurs agricoles et l'environnement. Le Burkina Faso est un pays en développement et le partage de l'information est crucial pour nous ».


  

Les Monographies du Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) évaluent le DDT, le lindane et le 2,4-D

Lyon, France, 23 juin 2015. Le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC), l'agence de l'Organisation Mondiale de la Sante spécialisée sur le cancer, a évalué la cancérogénicité des insecticides gamma-hexachlorocyclohexane (lindane) et dichlorodiphenyltrichloroethane (DDT), ainsi que l'herbicide acide 2,4-dichlorophenoxyacetique (2,4-D).

Après avoir soigneusement passé en revue la littérature scientifique la plus récente disponible, un groupe de travail de 26 experts venus de 13 pays différents, réunis par le Programme des Monographies du CIRC, a classé l'insecticide lindane comme cancérogène pour l’homme (Groupe 1). Le Groupe disposait d’indications suffisantes de la cancérogénicité du lindane chez l'homme, pour le lymphome non hodgkinien (LNH).

L'insecticide DDT a été classé comme probablement cancérogène pour l'homme (Groupe 2A), sur la base d’indications suffisantes selon lesquelles le DDT provoque le cancer chez l’animal de laboratoire, et d’indications limitées de sa cancérogénicité pour l'homme. Les études épidémiologiques mettaient en évidence des associations positives entre l'exposition au DDT et le LNH, le cancer des testicules et le cancer du foie. Le Groupe disposait aussi de données expérimentales probantes de ce que le DDT peut affaiblir le système immunitaire et perturber les hormones sexuelles. Cependant, dans l'ensemble, il n'y avait pas d’association entre le cancer du sein et les niveaux de DDT mesurés dans les échantillons de sang ou de graisse.

L'herbicide 2,4-D a quant à lui été classe comme peut-être cancérogène pour l’homme (Groupe 2B), sur la base d’indications insuffisantes chez l'homme et d’indications limitées chez l’animal de laboratoire. Le Groupe disposait de fortes indications selon lesquelles le 2,4-D induit le stress oxydatif, un mécanisme qui peut se produire chez l’homme, et d’indications modérées selon lesquelles le 2,4-D provoque une immunodépression, sur la base d’études in vivo et in vitro. Cependant, les études épidémiologiques ne mettaient pas en évidence de hausses importantes ou uniformes du risque de LNH ou d'autres cancers par rapport à une exposition au 2,4-D.

Le résume des évaluations finales est disponible en ligne dans The Lancet Oncology, et les évaluations détaillées seront publiées dans le Volume 113 des Monographies du CIRC.

Le lindane a été largement utilisé pour lutter contre les insectes, y compris dans l'agriculture et pour le traitement des poux et de la gale chez l’homme. Des expositions élevées ont été rapportées chez les travailleurs agricoles et les applicateurs de pesticides; cependant, l'utilisation du lindane est désormais interdite ou limitée dans la plupart des pays. De grandes études épidémiologiques sur les expositions en milieu agricole aux Etats-Unis et au Canada ont montré une augmentation du risque de 60% de LNH chez les personnes exposées au lindane.

Le DDT a d’abord été utilisé pour lutter contre les maladies vectorielles au cours de la Seconde Guerre mondiale et il a plus tard été largement appliqué dans l'agriculture et pour éradiquer le paludisme. Bien que la plupart des utilisations du DDT aient été interdites dans les années 1970, le DDT et ses produits de dégradation sont très persistants et peuvent se retrouver dans l'environnement et dans les tissus animaux et humains dans le monde entier. L'exposition au DDT existe toujours, principalement par le biais de l'alimentation. L'utilisation restante et essentielle du DDT concerne la lutte anti-vectorielle, principalement contre le paludisme. Cette utilisation est strictement limitée en vertu de la Convention de Stockholm.

Depuis son introduction en 1945, le 2,4-D a été largement utilisé pour lutter contre les mauvaises herbes en agriculture, en foresterie et en milieu urbain et résidentiel. Les expositions professionnelles au 2,4-D peuvent survenir lors de la fabrication comme de l'application, et la population générale peut être exposée par le biais des aliments, de l'eau, de la poussière ou d’applications résidentielles, et pendant la pulvérisation.