La douzième Semaine Internationale de prévention de l’intoxication au plomb (ILPPW) a eu lieu du 20 au 26 octobre 2024

Déclaration de presse

La campagne de cette année 2024, « Un avenir meilleur commence sans plomb », a pour objectif de rappeler aux gouvernements, aux organisations de la société civile, aux partenaires de la santé, à l’industrie et à d’autres acteurs les risques inacceptables liés à l’exposition au plomb et la nécessité d’agir pour protéger la santé des enfants.

Pour rappel, la majeure partie de la consommation mondiale de plomb tient à la fabrication des batteries au plomb pour véhicules motorisés. Ce métal est utilisé dans de nombreux produits, y compris les pigments, les peintures, les soudures, les vitraux, la vaisselle en cristal, les munitions, les glaçures céramiques, les bijoux, les jouets, ainsi que certains produits cosmétiques et remèdes traditionnels.

Principaux faits

Les jeunes enfants sont particulièrement vulnérables aux effets toxiques du plomb, qui peuvent avoir des conséquences permanentes sur leur santé, en particulier sur le développement du système nerveux central.

  • L’exposition au plomb peut affecter plusieurs systèmes de l’organisme et est particulièrement nocive pour les jeunes enfants et les femmes en âge de procréer.
  • Le plomb se diffuse vers le cerveau, le foie, les reins et les os. Il est stocké dans les dents et les os, où il peut s’accumuler au fil du temps. Pour évaluer l’exposition humaine, on mesure la concentration de plomb dans le sang.
  • L’exposition au plomb a causé plus de 1,5 million de décès dans le monde en 2021, principalement en raison d’effets cardiovasculaires.
  • Le plomb présent dans les os passe dans le sang pendant la grossesse, et le fœtus y est donc exposé au cours de son développement.
  • Il n’existe pas de seuil au-dessous duquel l’exposition au plomb n’aurait pas d’effets nocifs.
  • Les effets néfastes de l’exposition au plomb sur la santé sont tout à fait évitables.

Par ailleurs, une étude publiée par l’ONG Pesticide Action Network (PAN) Africa en 2009, faisait état d’un nombre total de 30 échantillons de peinture, dont 21 échantillons de peinture laquée et neuf (9) échantillons de peinture plastique, ont été analysés pour leur concentration totale de plomb. Sur les 21 échantillons laqués, 18 (86%) avaient des concentrations supérieures à 90 ppm, tandis que 16 échantillons (76,2 %) ont présenté des concentrations de plomb de plus de 600 ppm.

L’étude a également mentionné l’inexistence de réglementation concernant le plomb dans les peintures ou autres produits. Toutefois, le gouvernement a été obligé de prendre un arrêté, après l’incident dans lequel des habitants de Thiaroye (région de Dakar) ont été victimes de contamination au plomb suite à des activités de recyclage de batteries usagées.

Sur le continent, quelques pays ont adopté une législation règlementant l’usage de la peinture. C’est le cas notamment du Cameroun, de l’Ethiopie, du Kenya et de la Tanzanie se limitent à 90ppm. Au Sénégal, on semble ne pas trop se soucier des effets néfastes de la peinture à plomb. A ce jour, aucune règlementation n’existe.  Même si, l’Association Sénégalaise de Normalisation (ASN) a défini une norme spécifiant les exigences relatives à la teneur du plomb total dans les peintures et les revêtements assimilés.

Ainsi, « je lance un appel à nos autorités étatiques, nos décideurs politiques, la société civile, et aux associations de consommateurs d’unir leurs efforts pour éliminer le plomb dans les peintures.  Il est de la responsabilité de l’Etat d’assurer la protection des sénégalais et surtout des enfants. Réguler un secteur est le meilleur moyen de prévenir le risque de contamination et d’encourager les industriels et les populations à trouver des alternatives » a déclaré Mme N. Maimouna DIENE WANE, coordonnatrice de l’ONG Pesticide Action Network (PAN) Africa).

                            Fait à Dakar, 22 octobre 2024

Mme Wane. N. Maimouna

Coordonnatrice Régionale

PAN Africa, Dakar, Sénégal

Email : maimounadiene@pan-afrique.org

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