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Publié le :25 Mai, 2026

Atelier Régional sur les Pesticides Extrêmement Dangereux en Afrique de l'Ouest : PAN Africa et le GFC posent les bases d'une agriculture durable

Categorie : Actualites Auteur : Pan Africa

Un rendez-vous historique pour l'agriculture ouest-africaine

Les 18 et 19 mai 2026, l'Hôtel Azalaï de Dakar a accueilli l'atelier régional de lancement du projet sur les Pesticides Extrêmement Dangereux (PED) en Afrique de l'Ouest. Organisé par PAN Africa avec le soutien financier et technique du Cadre Mondial sur les Produits Chimiques (GFC)  , cet événement a réuni pendant deux jours des représentants d'institutions publiques, d'organisations régionales, de chercheurs, d'ONG et d'acteurs du secteur agricole du Sénégal, du Bénin, du Burkina Faso et de la Guinée Conakry.

L'atelier s'inscrit dans le cadre du projet régional intitulé : « Pesticides extrêmement dangereux en Afrique de l'Ouest : analyse de la situation, de la réglementation et des possibilités de remplacement par des alternatives saines et durables pour une mise en œuvre efficace du Cadre mondial sur les produits chimiques » .

Première journée : État des lieux et mécanismes régionaux

Une cérémonie d'ouverture engagée

La première journée a été présidée par M. Baba Dramé , Directeur de la DIREC et Point Focal du GFC au Sénégal. La cérémonie protocolaire a rassemblé plusieurs personnalités clés.

Mme Ndeye Maimouna DIENE , Coordonatrice Régionale de PAN Afrique, a ouvert les travaux en rappelant le contexte du projet et son caractère sous-régional. Elle a insisté sur l'urgence d'éliminer progressivement les pesticides extrêmement dangereux dans l'agriculture, en promouvant des alternatives agroécologiques saines et durables  notamment pour protéger les agricoles, les plus vulnérables face aux risques d'intoxication.

Le représentant du GFC , John Maughan, a réaffirmé l'engagement des Nations Unies en faveur d'une élimination des pesticides dangereux et a salué l'implication des pays bénéficiaires. M. Modou GUEYE , Directeur du Financement et du Partenariat du Ministère de l'Agriculture du Sénégal, a rappelé que la santé des sols, des cultivateurs et de l'environnement demeure une priorité nationale, en lien avec la Stratégie Nationale de Transition Agroécologique du Sénégal.

Un constat alarmant : les importations de pesticides ont doublé

Les présentations de la matinée ont dressé un état des lieux préoccupant. Les importations de pesticides en Afrique de l'Ouest ont doublé en cinq ans , passant de 218 900 tonnes en 2015 à 437 930 tonnes en 2020 . Cette augmentation s'accompagne de risques sanitaires et environnementaux majeurs : maladies liées aux intoxications, dégradation des terres, menace sur la biodiversité et le réchauffement climatique.

M. Papa Sam GUEYE , Directeur de la CNGPC, a présenté les mécanismes régionaux d'homologation et de contrôle des pesticides, notamment la transition progressive du Comité Sahélien des Pesticides (CSP) vers le Comité Ouest-Africain d'Homologation des Pesticides (COAHP) , impliquant la CEDEAO, le CILSS et l'UEMOA.

L'après-midi a été consacré aux pesticides extrêmement dangereux (HHPs), présentés par Manon de PAN International, ainsi qu'à l'outil T-MAPP , un dispositif de collecte de données pour l'aide à la décision. Les Points Focaux GFC du Bénin, du Burkina Faso et du Sénégal ont partagé leurs expériences nationales, et une vidéo de la Guinée a complété ces témoignages.

Deuxième journée : L'agroécologie en action et la feuille de route

Des cas concrets qui prouvent que ça marche

La deuxième journée a débuté par une synthèse des travaux de la veille, suivie de présentations de cas agroécologiques par les quatre pays participants.

🇧🇯 Le Bénin , à travers la présentation du Dr Adetonah Sounkoura du LARCASS , une offre des données terrain particulièrement éloquentes. L'agriculture représente 24 à 27 % du PIB béninois et fait vivre plus de 70 % des ménages. Cinq pratiques agroécologiques ont été documentées avec leurs impacts mesurés :

Pratique Impact clé
Gestion intégrée des cultures (IPM) Réduction des intrants chimiques de 20–30 %, rendements +25 % en zone sèche
Agroforesterie et compostage Séquestration carbone 1,5–2 t CO₂/ha/an, biodiversité +40 %
Gestion de l'eau et des cultures de couverture Résilience face aux sécheresses, fertilité du sol améliorée
Vermicompostage (BSF) Recyclage des nutriments, réduction des intrants chimiques
Lutte biologique Réduction des pesticides chimiques, santé des cultures

Les impacts multidimensionnels sont remarquables : réduction des intoxications de -40 % , augmentation de la diversification alimentaire de +25 % , et une part des femmes bénéficiaires de 45 à 50 % . La vision du Bénin à l'horizon 2035 : une agriculture sans pesticides hautement dangereux, résiliente et certifiée SPG.

 Le Sénégal, le Burkina Faso et la Guinée Conakry ont également présenté leurs expériences nationales, mettant en lumière les spécificités de chaque contexte tout en identifiant des défis communs : manque de financement pour les alternatives, circulation des pesticides illicites et nécessité d'un cadre réglementaire renforcé.

Une perspective continentale inspirante

Dr Tadesse Amera , représentant PAN Africa pour l'Afrique de l'Est, a présenté le projet parallèle mis en œuvre en Tanzanie, Éthiopie et Kenya , également soutenu par le GFC . Ce projet vise à autonomiser directement au moins 3 000 petits agriculteurs pour passer des pesticides hautement dangereux à des pratiques durables, à travers les Farmer Field Schools (FFS), la Communauté de Pratique (CoP) et les dialogues politiques avec les Points Focaux GFC.

Ce projet s'inscrit directement dans la Cible A7 du GFC  élimination des PHD dans l'agriculture d'ici 2035 et dans la Cible D5 du GFC relative au soutien aux pratiques agroécologiques d'ici 2030.

Le cadre logique du projet : une feuille de route sur 3 ans

Mme Ndeye Maimouna DIENE , Coordonatrice Régionale de PAN Afrique, a présenté le plan d'action détaillé du projet sur trois phases :

Phase 1  2026 : Lancement et diagnostic Mise en place des mécanismes de coordination, réalisation des études de référence sur les HHPs dans les 4 pays, cartographie des acteurs, analyse réglementaire et renforcement des capacités des acteurs.

Phase 2  2027 : Mise en œuvre et plaidoyer Déploiement de 40 parcelles pilotes agroécologiques, organisation de dialogues politiques nationaux et régionaux, campagnes médiatiques, évaluation à mi-parcours.

Phase 3 2028 : Capitalisation et durabilité Documentation des bonnes pratiques, certification SPG, intégration des recommandations dans les politiques publiques, évaluation finale indépendante et atelier régional de clôture.

Les lettres d'engagement : un levier stratégique

L'atelier a également mis en avant l'importance des lettres d'engagement institutionnel , présenté comme un outil stratégique de gouvernance pour formaliser le soutien des institutions publiques, renforcer la crédibilité du projet auprès des partenaires techniques et financiers, et favoriser l'appropriation nationale et régionale des objectifs du projet.

Recommandations issues de l'atelier

À l'issue des deux journées, les participants ont formulé des recommandations opérationnelles dans quatre domaines :

Politique : Adopter des cadres juridiques nationaux interdisant les PHD ; renforcer les mécanismes régionaux CEDEAO/CILSS pour l'harmonisation des réglementations.

Technique : Multiplicateur des Champs Écoles Paysans (CEP) ; déployer les outils T-MAPP et CPAM pour le suivi des intoxications ; développer des outils de formation en langues locales.

Financier : Mobilisateur des subventions pour les entrants biologiques ; développer la microfinance verte ; Pérenniser le soutien du GFC et des partenaires techniques et financiers.

Genre et inclusion : Garantir une participation des femmes d'au moins 45–50 % dans toutes les activités ; intégrer les jeunes dans les Farmer Field Schools ; développement des jardins communautaires générateurs de revenus.

Clôture : un engagement renouvelé

La cérémonie de clôture, conduite par Mme Ndeye Maimouna DIENE et le représentant du GFC , a célébré la réussite de ces deux journées et réaffirmé l'engagement collectif de toutes les parties prenantes.

« La transition vers une agriculture plus sûre et durable est non seulement possible, mais indispensable pour garantir un développement agricole résilient, protéger les générations futures et contribuer efficacement à la mise en œuvre du Cadre Mondial sur les Produits Chimiques. »

Cet atelier marque le début d'une dynamique collective forte et prometteuse. En réunissant quatre pays autour d'une vision commune et en bénéficiant du soutien stratégique du GFC  , PAN Africa pose les bases d'une transformation durable de l'agriculture ouest-africaine  au bénéfice des agriculteurs, des agricultrices et de l'environnement pour les générations à venir.

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