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Publié le :30 Avr, 2026

AN Africa lance un projet national pour identifier et prioriser les pesticides extrêmement dangereux (HHPs) responsables d'intoxications et de décès au Sénégal

Categorie : Actualites Auteur : Pan Africa

Le mercredi 1er avril 2026, le Centre Antipoison du Sénégal (CAP), basé à l'hôpital Fann de Dakar, a accueilli l'atelier de lancement officiel du projet intitulé : « Identifier et prioriser les pesticides extrêmement dangereux (HHPs) responsables d'intoxications et de décès au Sénégal pour permettre un meilleur suivi, une prévention efficace et une meilleure prise de décision nationales et régionales. »

Porté par l'ONG PAN Africa, ce projet est financé par le Centre pour la Prévention des Suicides par les Pesticides (CPSP), basé à Édimbourg, en collaboration avec l'Université d'Édouard au Royaume-Uni.

Les pesticides hautement dangereux (HHPs) constituent un problème grave et documenté au Sénégal. Selon le rapport d'activités 2025 du Centre Antipoison, les pesticides représentent environ 20% des cas d'intoxication enregistrés, et 8,4% des intoxications volontaires sont liées à ces produits. Au niveau mondial, l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) estime que 700 000 personnes meurent chaque année par suicide, dont 15 à 20% par ingestion volontaire de pesticides.

Dans son allocution d'ouverture, la Coordonnatrice de l'ONG PAN Africa, Mme Maïmouna Diène WANE, a souligné que l'ingestion volontaire de pesticides constitue la 2ème cause d'intoxication volontaire à Dakar, souvent sous-estimée en raison des tabous socioculturels. Elle a rappelé que les jeunes adultes sont les plus touchés, selon le rapport de l'ANSD 2024 et les enquêtes STEP.

L'atelier a été officiellement ouvert par le Pr. Mamadou FALL, Directeur du Centre Antipoison, qui a réaffirmé l'engagement du CAP à fournir l'expertise technique et les données cliniques nécessaires à la réussite du projet.

Plusieurs institutions ont répondu présent :

  • Centre Antipoison du Sénégal (CAP) — partenaire technique
  • Organisation Mondiale de la Santé (OMS) — partenaire institutionnel
  • Direction de la Protection des Végétaux (DPV) — Ministère de l'Agriculture
  • Direction de la Réglementation Environnementale et du Contrôle (DIREC)
  • Commission Nationale de Gestion des Produits Chimiques (CNGPC)
  • SODEFITEX — secteur cotonnier
  • Gendarmerie de l'Environnement
  • Croplife Sénégal
  • Société civile et associations de consommateurs (FOSCOSEN)
  • Médias nationaux (télévisions, radios, presse en ligne et écrite)

La représentante de l'OMS, Mme Mady BA, a rappelé que des pays comme le Sri Lanka ont réduit les suicides par pesticides de 28 à 92% grâce à des interdictions ciblées des HHPs. Elle a appelé à renforcer le cadre de réglementation, à soutenir les agriculteurs, à former les acteurs de santé sur la gestion des intoxications et à intégrer la prévention dans les politiques de santé mentale.

Mme Béatrice GRENIER, représentante du CPSP, a rappelé que certains HHPs déjà interdits dans plusieurs pays du monde demeurent largement accessibles en Afrique. Elle a présenté les trois priorités du CPSP dans ce projet :

  1. Soutenir le Sénégal dans l'élimination progressive des HHPs, conformément aux cadres internationaux et à l'objectif du Cadre Mondial sur les Produits Chimiques (GFC) qui vise leur élimination d'ici 2035.
  2. Faire du Sénégal un modèle et une source d'inspiration pour les autres pays d'Afrique de l'Ouest.
  3. Veiller à ce que les données produites alimentent les processus nationaux, régionaux et internationaux, notamment les Conventions de Rotterdam et de Stockholm.

L'atelier a également présenté l'outil T-MAPP, développé par PAN-UK. Il s'agit d'une application mobile dotée d'un questionnaire standardisé permettant de collecter des données sur les cas d'intoxication directement sur le terrain. Déjà déployé dans 13 pays, cet outil a permis d'établir 11 300 rapports d'intoxication avec un taux estimé à 32%. Les données recueillies ont facilité des prises de décision réglementaires dans plusieurs pays.

À l'issue des travaux, les participants ont formulé les recommandations suivantes :

  1. Renforcer la collaboration entre tous les partenaires pour la collecte et le partage des données
  2. Renforcer la réglementation nationale sur les pesticides hautement dangereux
  3. Informer et mobiliser la CNGPC, notamment les sous-commissions toxicovigilance et pesticides
  4. Déployer l'outil T-MAPP pour la collecte de données au niveau des communautés
  5. Mettre en place une stratégie de communication nationale et régionale sur les HHPs
  6. Impliquer la Division de la Santé Mentale dans le suivi des intoxications volontaires
  7. Mener le plaidoyer pour rendre les normes sur les pesticides d'application obligatoire
  8. Pérenniser la sensibilisation des populations sur les pesticides et les risques d'intoxication
  9. Partager la fiche de toxicovigilance du CAP avec tous les acteurs concernés

En clôture de l'atelier, la Coordonnatrice de PAN Africa, Mme Maïmouna Diène WANE, a remercié l'ensemble des participants pour la qualité des échanges. Elle a annoncé la création d'un groupe WhatsApp inter-partenaires pour faciliter le suivi des activités entre toutes les parties prenantes.

PAN Africa réaffirme son engagement à faire du Sénégal un modèle pour l'ensemble de l'Afrique de l'Ouest dans la lutte contre les pesticides extrêmement dangereux, au service de la santé des populations et de la protection de l'environnement.

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