Le mercredi 1er avril 2026, le Centre Antipoison du Sénégal (CAP), basé à l'hôpital Fann de Dakar, a accueilli l'atelier de lancement officiel du projet intitulé : « Identifier et prioriser les pesticides extrêmement dangereux (HHPs) responsables d'intoxications et de décès au Sénégal pour permettre un meilleur suivi, une prévention efficace et une meilleure prise de décision nationales et régionales. »
Porté par l'ONG PAN Africa, ce projet est financé par le Centre pour la Prévention des Suicides par les Pesticides (CPSP), basé à Édimbourg, en collaboration avec l'Université d'Édouard au Royaume-Uni.
Les pesticides hautement dangereux (HHPs) constituent un problème grave et documenté au Sénégal. Selon le rapport d'activités 2025 du Centre Antipoison, les pesticides représentent environ 20% des cas d'intoxication enregistrés, et 8,4% des intoxications volontaires sont liées à ces produits. Au niveau mondial, l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) estime que 700 000 personnes meurent chaque année par suicide, dont 15 à 20% par ingestion volontaire de pesticides.
Dans son allocution d'ouverture, la Coordonnatrice de l'ONG PAN Africa, Mme Maïmouna Diène WANE, a souligné que l'ingestion volontaire de pesticides constitue la 2ème cause d'intoxication volontaire à Dakar, souvent sous-estimée en raison des tabous socioculturels. Elle a rappelé que les jeunes adultes sont les plus touchés, selon le rapport de l'ANSD 2024 et les enquêtes STEP.
L'atelier a été officiellement ouvert par le Pr. Mamadou FALL, Directeur du Centre Antipoison, qui a réaffirmé l'engagement du CAP à fournir l'expertise technique et les données cliniques nécessaires à la réussite du projet.
Plusieurs institutions ont répondu présent :
La représentante de l'OMS, Mme Mady BA, a rappelé que des pays comme le Sri Lanka ont réduit les suicides par pesticides de 28 à 92% grâce à des interdictions ciblées des HHPs. Elle a appelé à renforcer le cadre de réglementation, à soutenir les agriculteurs, à former les acteurs de santé sur la gestion des intoxications et à intégrer la prévention dans les politiques de santé mentale.
Mme Béatrice GRENIER, représentante du CPSP, a rappelé que certains HHPs déjà interdits dans plusieurs pays du monde demeurent largement accessibles en Afrique. Elle a présenté les trois priorités du CPSP dans ce projet :
L'atelier a également présenté l'outil T-MAPP, développé par PAN-UK. Il s'agit d'une application mobile dotée d'un questionnaire standardisé permettant de collecter des données sur les cas d'intoxication directement sur le terrain. Déjà déployé dans 13 pays, cet outil a permis d'établir 11 300 rapports d'intoxication avec un taux estimé à 32%. Les données recueillies ont facilité des prises de décision réglementaires dans plusieurs pays.
À l'issue des travaux, les participants ont formulé les recommandations suivantes :
En clôture de l'atelier, la Coordonnatrice de PAN Africa, Mme Maïmouna Diène WANE, a remercié l'ensemble des participants pour la qualité des échanges. Elle a annoncé la création d'un groupe WhatsApp inter-partenaires pour faciliter le suivi des activités entre toutes les parties prenantes.
PAN Africa réaffirme son engagement à faire du Sénégal un modèle pour l'ensemble de l'Afrique de l'Ouest dans la lutte contre les pesticides extrêmement dangereux, au service de la santé des populations et de la protection de l'environnement.